Leçon du jour – Le Management par la Terreur

A défaut de pouvoir faire des privates jokes sur l'avenir de GNU dans le monde des dinos (quoique, la météorite approche…), j'ai décidé de reactualiser nos très prisés cours de management pour les nuls avec les dernières méthodes à la mode.

La leçon du jour : le MPT – Le Management Par la Terreur

C’est quoi ? La stratégie du MPT consiste à garder la carotte pour soi et faire généreusement usage du baton sur les autres.

Qui peut le faire ? Tout manager qui a suffisament peu d'humanité pour ne pas culpabiliser.

On le fait comment ? Ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air. Les cris et les menaces n'impressionnent que les stagiaires et les RH émotives. Le plan social ça donne une mauvaise image. Il faut donc employer des méthodes plus pernicieuses.
Il faut toujours commencer par les fondamentaux : primes d'objectifs indexées sur un CAC40 à 7000 points, augmentations savamment ajustées sur le prix de 2 mètres de corde, grosse réorganisation pour destabiliser tout le monde.
Ensuite on ajoute une couche d'offshore : une mutation au Maroc avec un salaire divisé par 5 c'est une aubaine pour le pouvoir d'achat.
Mais le top, c'est la relocalisation de tous les collaborateurs que l'on entasse sur des open spaces en "desk sharing". Le "desk sharing", c'est une version moderne des chaises musicales qui se joue vers 8h du matin et qui permet de faire une selection naturelle entre les 30 collaborateurs qui habitent dans la campagne inaccessible et reculée où sont vos nouveaux bureaux, et les 5000 autres qui vivent normalement en zone civilisée.

Pourquoi c’est bien ? Parce c'est connu, on courre plus vite avec le feu aux fesses. Avec 2 collaborateurs tous les 5 m2, pas de risque qu'ils passent des coup de fil en douce ou bien qu'il surfent sur Internet aux heures de bureau. Quand à ceux qui seront condamnés à travailler sur un tabouret dans leur propre cuisine, ils ne sont pas tentés de comploter à la machine à café.

Pourquoi c’est pas bien ? Parce c'est connu, avec le feu aux fesses on courre, mais dans n'importe quelle direction. Quand le marché repartira les bons se casseront et vous devrez augmenter les boulets (d'une crise pétrolière à une autre, à force de s'accrocher Ex-Petit-Chef-Conseil et D'Artagnan sont arrivé à palper les 150k€/an).

Est-ce que ça tient dans la durée ? Oui, tant qu'un abruti de technocrate ne décide pas de faire ouvrir une enquète pour mesurer le taux de suicide dans votre entreprise.

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